UNE RÉFLEXION QUI M'EST VENU D'UN RÉSEAU INTERNET!
16 juillet 2008
Un enfant soldat a été contraint de combattre et de tuer. Les guerriers de la jihad tuent par conviction. C'est la guerre sainte pour eux. D'une façon générale, je n'ai aucune pitié pour les terroristes. Ce sont des assasins. Ils attentent à la vie des gens sans discrimination. Enfants, femmes,vieillards...Une bombe cause un grand nombre de morts et de blessés.
On insiste beaucoup sur la jeunesse d'Omar KHADR Pourtant, la plupart des convictions que j'ai à 76 ans existaient déjà quand j'étais adolescente. Je refusais l'injustice, la pauvreté pour un grand nombre alors qu'une petite élite était riche. Je blâmais le "préjugé decouleur" des personnes à peau claire vis à vis des noirs, moi-même ayant la peau claire. Je détestais la mendicité; c'était pour moi une atteinte à la dignité humaine et je tenais pour responsables les gouvernements et ceux qui s'enrichissaient sans vergogne et n'étaient pas le moins du monde troublés par la misère qui s'étalait sous leurs yeux. J'étais de gauche et féministe sans même connaître ces mots. Ce qui indigne la septuagénaire que je suis indignait déjà l'adolescente.
Omar KHADR est à Guantanamo depuis quelques années. Soudain, le Canada tout entier, semble-t-il, s'enflamme, s'indigne et réclame que le jeune prisonnier soit rapatrié au pays Il est citoyen canadien. Et cela après une complète indifférence jusque-là. Pourtant la situation d'Omar KHADR n'est sûrement pas pire qu'auparavant. On a publié sur l'nternet des images des interrogations qu'il a subies à Guantanamo. L'indignation se propage très rapidement comme les flammes dans une forêt. C'est tout de même curieux. Avait-on cru jusque-là que Guantanamo était une auberge de jeunesse? Il y a eu et il y aura beaucoup de victimes innocentes de la jihad islamique. Le fait que certains terroristes s'immolent eux-mêmes ne rend pas l'acte terroriste moins horrible. Certains ont peut-être éprouvé de la pitié pour le jeune tueur de l'École politechnique en 1989. Sans doute, s'il ne s'était pas donné la mort et avait été jugé, il y aurait eu des Québécois pour lui trouver des circonstances atténuantes et se montrer sourcilleux concernant ses droits. (Ici on pale toujours de droits, jamais de devoir).
Ce qui ne cesse de m'étonner et de m'indigner, c'est ce souci quasi passionné qu'on a ici pour les droits des criminels. Mais il semble que les victimes innocentes n'ont pas l'heur d'intéresser. Elles sont quantités négligeables. Sauf certaines qui deviennent en quelque sorte des "icônes". Curieusement, une personne peut attirer sur elle toute l'attention, parfois mondiale. Ainsi, Ingrid BETANCOURT. Je me suis réjouie pour elle et pour sa famille. Mais la situation tragique des autres prisonniers de la FARC (ils sont très nombreux) ne font pas les manchettes des quotidiens. Ils sont restés des anonymes. En janvier, l'hebdomadaire "Le Nouvel Observateur" publiait un reportage de Philippe Boulet-Gercourt en Colombie intitulé "COLOMBIE - La Main tendue aux aux Paramilitaires". Il y avait au bas d'une page un entrefilet"Uribe-Chàves"" Il mentionnait une sacoche de lettres d'otages à leur famille:"bourrées de détails pénibles sur le calvaire de ces détenus dans des conditions épouvantables, les lettres ont révulsé l'opinion des Colombiens: leishmaniose, paludisme, ulcères gastriques...Le lieutenant-colonel, Mendiela, capturé en novembre 2002, décrit dans une lettre à sa famille - la première en 5 ans - comment il a survécu à deux crises de palu, des douleurs chroniques dans la poitrine, et s'est retrouvé tellement malade qu'il a dû ramper sur les mains et les genoux pendant cinq semaines."
Ingrid BETANCOURT avait bonne mine quand elle est revenue de sa captivité. Elle a apparemment subi moins de mauvais traitements que les autres. C'était une prisonnière vedette, le monde entier réclamait sa libération. Elle a été accueillie comme une héroine. Pourquoi? Connait-on seulement le nom des autres captifs libérés? Même chose pour les journalistes qui ont été enlevés par des islamistes. On parlait beaucoup d'eux. La diplomatie se mettait en branle. Ils étaient libérés, probablement contre une grosse rançon. Ils devenaient des vedettes et écrivaient un livre. Mais leurs interprètes sans qui ils n'aurait pu remplir leur rôle de correspondants ou d'envoyé spécial, quel était leur sort?
Les gens sont indignés de celui fait à Omar KHADR à cause de son jeune âge. A notre époque les garçons de 16, 17 ans font tout ce que se permettent les adultes. Ils s'offrent les mêmes plaisirs. Ils boivent, ils baisent, ils se droguent. Pourquoi lorsqu'ils commettent une infraction, un crime ils redeviennent des enfants? De nos jours, personne, semble-t-il, ne veut assumer la responsabilité de ses actes On accuse l'hérédité, l'éducation qu'on a reçue, les difficulté de la vie, la pauvreté. Les violeurs ont été violés dans leur enfance. Même chose pour les hommes violents qui brutalisent leur femme. Ils avaient été battus par leur père. Leurs victimes, on a vite fait de les oublier. Les lois, les procédures judiciaires n'existent que pour les criminels. Et souvent, elles se révèlent à leur avantage, au Québec!
NM
une journaliste engagée



