Le Bureau des audiences publiques en environnement (BAPE) accorde clairement son aval au projet de port méthanier Rabaska dans un rapport rendu public hier, en fin d’après-midi. Hormis quelques demandes de changements, le document donne raison au promoteur sur presque toute la ligne.
« En ce qui concerne la sécurité, la commission est d’avis que l’évaluation des risques effectuée est conforme aux règles de l’art dans le domaine. (...) Par conséquent, et tenant compte de ses constats et avis touchant la planification des mesures d’urgence, la commission juge acceptables les risques associés au projet », écrit Qussaï Samak, qui a présidé les audiences.
Dans ses « avis touchant la planification des mesures d’urgence », cependant, le BAPE reproche à Rabaska d’avoir élaboré son plan d’urgence, en cas de déversement de gaz qui prendrait feu, en retenant un critère d’exposition thermique trop élevé, de 5 kilowatt par mètre carré (kW/m2) — encore que ce seuil respecte les normes canadiennes, admet le Bureau. Celui-ci recommande d’adopter un seuil de 3 kW/m2, ce qui agrandirait le périmètre de sécurité.
Moins polluant que d’autres combustibles
En matière environnementale, le BAPE a retenu l’argument du promoteur voulant que le gaz naturel, bien qu’il soit lui-même une source de gaz à effet de serre, est moins polluant que d’autres combustibles et que la construction d’un terminal méthanier pourrait conduire au remplacement partiel de ces carburants plus dommageables. « Cette substitution pourrait signifier (des gains) pour le bilan québécois d’émissions de gaz carbonique », lit-on dans le rapport.
Le Bureau demande toutefois à Rabaska de construire des stations de suivi de la qualité de l’air et de l’eau, en plus de prendre certaines mesures pour préserver l’environnement immédiat du terminal, notamment une tourbière.
Dans la mesure où ces conditions sont respectées, prévoit le rapport, « le projet n’est pas susceptible d’entraîner d’effets environnementaux négatifs importants ».
La commission se montre cependant plus critique lorsqu’elle aborde l’aspect esthétique du projet. « La commission est (...) d’avis que les installations (...) altéreraient la qualité paysagère de la côte de Beaumont. Si le projet est autorisé, (...) la commission recommande que le promoteur prenne toutes les mesures nécessaires pour assurer la meilleure intégration possible de ses installations portuaires et riveraines dans le paysage. »
« Enthousiaste »
Pour le grand patron de Rabaska, Glenn Kelly, peu de mots semblaient trop forts, hier, pour décrire l’appui du BAPE à son projet de 840 millions $.
« C’est un moment historique et un grand jour pour le projet Rabaska. (...) Jamais un projet n’a reçu un rapport aussi positif, malgré la controverse qu’il a pu sembler soulever », a-t-il déclaré hier en conférence de presse, en spécifiant qu’il se conformerait aux recommandations du BAPE.
« Aucune ne pose problème», a-t-il d’ailleurs ajouté. Les recommandations du BAPE engendreront des coûts supplémentaires pour Rabaska, mais M. Kelly « estime qu’ils ne seront pas substantiels ».
Je voudrais bien savoir si Glenn Kelly va habiter à côté du port methanier




